Lundi 23 avril 2007
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Gabrielle, notre Mamie trés grande !
Surprenant souvenir, quand je repense à toi
laisse-moi te le dire une dernière fois…
Cette bassine en zinc, bien plus large que nous,
où tu me mélangeais, au dessus des genoux,
l’eau froide robinet, à celle qui bouillait.
C’était l’heure du bain que tu me préparais…
Je me souviens vapeurs, de ce frais appentis,
niché dans les corons de ce Nord ralenti ;
je me souviens surtout de ce moment d’amour,
qui me faisait plus beau aux bulles des mamours ;
de tes chansons d’enfants, à l’accent de soleil,
qui chassaient le terril, colline sans merveille…
Je ne le savais pas mais ce pays trop gris
m’avait déjà volé et tué mon papi ;
l’ogre de charbon nous l’avait emporté,
le serrant bien trop fort qu’il n’en peut respirer…
Mais tu nous aimais tant, le souriant si fort,
que ta vie nous gagnait, sans penser à la mort ;
et ta vie a gagné, en nous restant toujours
toi que nous aimons tant d’un souriant amour !
Car en ces froides nuits, où le noir est profond,
tu prends entre tes mains, mon visage chiffon,
me répétant alors ce qu’un jour murmuré :
« il n’aimerait pas çà ! Il ne faut pas pleurer »…
Tu entrerais ici dans ta centième année !
Mais surtout pour ne pas te faire remarquer
tu as choisi d’aller raconter aux deux tiens
que la tribu est belle et serrés les liens
et qu’il y a neuf ans elle était en entier
à lui dire l’amour et chanter l’amitié…
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Par Jean-yves BUGELLI
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Publié dans : ANNIVERSAIRES !
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